Table basse avec coffre de rangement

par Ozian Harrisi (35200 Rennes)

Découvrez cette magnifique table basse en pin massif avec son coffre intégré et dotée d'un plateau coulissant réalisé par Ozian Harrisi.
Au-delà de son esthétisme, on appréciera son côté pratique grâce à son coffre bar intégré pour ranger bouteilles et verres.
Idéal pour recevoir des amis à l'apéritif !



Ayant besoin depuis plusieurs mois d'une table basse pour notre salon, et n'en trouvant aucune qui nous plaise dans le commerce – ou bien à des prix franchement rédhibitoires – je me suis décidé à la réaliser moi-même.
Je souhaitais un meuble en bois de finition naturelle, avec une partie en coffre pour ranger les apéritifs et une ou deux étagères. Après quelques réflexions et deux ou trois dessins, je suis parvenu à un schéma côté qui me plaisait. J'en ai déduis les coupes de planches nécessaires à mon projet. S'agissant de mon premier meuble en bois massif, je souhaitais éviter au maximum d'utiliser des vis ou des clous en privilégiant les assemblages bois sur bois, ce qui m'a forcé à m'équiper un peu.

Liste de course :
- Planches de pin - Kit d'assemblage tourillons Wolfcraft - Tourillon 1 m. en hêtre diamètre 10 mm - Huile de finition couleur teck - Scie à affleurer Stanley
Soit coût du meuble en lui-même : environ 85 €

Matériel utilisé, emprunté ou en ma possession :
- Aspirateur de chantier - Scie circulaire plongeante Festool + règle - Ponceuse orbitale - Colle à bois - Serre-joints - Ciseaux à bois, maillet, colle, équerre, réglet, centreur, crayon, tranchet, petit rabot, etc.

 

Etape n°1 : la découpe

Suivant mon plan de réalisation, j'ai réfléchi à la disposition finale de mes planches suivant leur qualité, la présence de noeuds ou de défauts dans le bois, tout en essayant de limiter au maximum les pertes, un vrai dilemme !
Une fois chaque partie du meuble repérée, j'ai réalisé mes découpes avec la scie circulaire et son rail de guidage, en prenant soin de bloquer mes planches avec un serre-joint.
J'en profite pour souligner une de mes grandes difficultés pour ce projet : vivant en appartement et n'ayant pas la chance de disposer d'un atelier, tout le travail s'est fait dans mon salon. La table du salon s'est donc transformée en établi provisoire. Les chutes de bois m'ont servi de protection et de planches martyres.
Pour la jonction des côtés avec le panneau arrière du meuble, j'ai opté pour des coupes d'onglets pour avoir une finition plus esthétique. La scie circulaire étant réglable en inclinaison, cela s'est fait sans problème. J'ai malgré tout pris le temps de faire quelques essais sur des chutes de bois pour bien assurer le coup.

 

Etape n°2 : les rainures

Après réflexion, j'ai choisi de réaliser tous mes assemblages avec des tourillons débouchants. Pour plus de solidité et une meilleure finition, l'étagère et la paroi centrale se logeront en plus dans une rainure de 5 mm de profondeur.
Après mesure et traçage des rainures au tranchet (ou cutter de précision), j'ai réalisé plusieurs passes à la scie circulaire en limitant la profondeur de coupe à 5 mm sur la largeur de la rainure. Le pin étant très tendre, pour m'aider dans mes découpes et éviter les risques d'arrachement aux extrémités, j'ai fait une entame de chaque rainure au ciseau à bois.

Une fois cela fait, il ne restait qu'à nettoyer les restes de bois au ciseau et au maillet.

Détail : J'ai prévu que la petite étagère soit en retrait de 5 mm par rapport au bord du meuble, je voulais donc rendre la rainure invisible en la faisant également en retrait par rapport au bord de la planche. Mais le bois laissé en place ne faisant que 5 mm de largeur et orienté dans le sens du fil, il n'a pas tenu lors du nettoyage au ciseau. Du coup la rainure a été rendue débouchante.



Etape n°3 : assemblages à blanc

Après réalisation des rainures, j'ai contrôlé leur symétrie, leur verticalité et le bon emboitement de l'assemblage à l'aide d'une chute de bois de faible largeur.

 


Détail
: Au cours de la réalisation, j'ai procédé à plusieurs assemblages à blanc du meuble pour vérifier que tout allait bien. Cela m'a permis de confirmer une crainte que j'ai eu après avoir acheté mon bois : le bois acheté en magasin n'étant pas d'excellente qualité (découpe et stockage), certaines parties étaient gauchies. N'ayant pas l'équipement nécessaire pour corriger cela, je m'en suis arrangé en tachant de mettre les planches les plus déformées aux endroits moins visibles. Malheureusement l'assemblage en coupe d'onglet ne s'avère donc pas parfait, en haut et en bas les bords sont bien jointifs, mais pas au milieu de la planche.

 

Etape n°4 : percement

Après assemblage à blanc des côtés du meuble, de la paroi séparative et de l'étagère, j'ai repéré sur les côtés extérieurs le milieu des rainures. J'ai pu ainsi percer depuis l'extérieur (pour éviter les éclats) avec une mèche à bois de diamètre 5 mm. Ce trou m'a permis de repérer précisément les percements définitifs en diamètre 10 mm avec l'accessoire du kit Wolfcraft.

Le plus délicat étant de percer dans l'épaisseur des planches, j'ai utilisé un serre-joint pour bien maintenir en place l'ensemble.

C'est surtout dans cette configuration que l'accessoire Wolfcraft s'est révélé pratique pour centrer le perçage.

Etape n°5 : le collage

Après préparation des serre-joints et découpe de plusieurs tourillons à la bonne longueur, il est temps d'encoller ! Le bois étant très absorbant il est nécessaire d'étaler et de laisser sécher une première fine couche de colle (prescription fabricant). La colle est étalée au pinceau, sur les deux faces ainsi que sur les tourillons et dans les trous...

...puis on assemble gentiment le tout en s'aidant du maillet et de planches martyres.

Quand l'assemblage est en place, on serre fermement le tout avec les serre-joints (c'est là qu'on apprécie de les avoir préparés auparavant) et quelques cales pour éviter d'abimer le bois, puis on patiente.

Au bout de 20 minutes, l'assemblage tient, mais la solidité maximale n'est obtenue qu'au bout de 24h. En attendant cela fait une œuvre baroque dans le salon, et cela nous laisse le temps de nettoyer la zone !

Une fois cette partie du meuble bien résistante, on réalise l'encollage du fond et du panneau arrière. Même principe d'assemblage : des tourillons se logent dans les trous percés dans l'épaisseur des parois. Le panneau arrière se fixe également sur le fond à l'aide de tourillons, les coupes d'onglet sont uniquement collées.

A nouveau on prépare les serre-joints, puis armé de son pinceau et de son pot on encolle le tout.

Petite astuce : pour faciliter l'introduction des tourillons, je les ai chanfreinés au papier de verre. L'introduction dans le bois est ainsi facilitée.

Les serre-joints n'étant pas efficaces pour appliquer une pression répartie sur le fond du meuble, on innove avec ce qu'on trouve de lourd ! Un pot de fleur, une enceinte, une cocotte en fonte et des caisses à outils…



Etape n°6 : les tourillons

Une fois l'assemblage bien résistant, j'utilise ma scie à affleurer pour découper les parties de tourillons qui dépassent.



Etape n°7 : Toutes options

Le dessus du meuble est composé d'un plateau fixe placé au dessus de la partie étagère, j'ai décidé de ne pas coller ce plateau car j'ai l'objectif d'installer mon vidéoprojecteur sur l'étagère, et il faut permettre au mieux à l'air de circuler autour de la machine.

J'ai donc réalisé un assemblage à tourillons non collés, il me suffit de retirer cette partie lors des soirées cinéma. Pour augmenter la ventilation de mon étagère et personnaliser un peu la table basse, j'ai percé quelques aérations en suivant mes initiales.

La partie coffre est surmonté d'un plateau que je dois pouvoir ouvrir. Après beaucoup d'hésitations (charnières, compas, rails, etc.) je me suis décidé à rester dans ma logique " aucune vis " et ai adopté un système très simple : j'ai découpé et collé des chutes de bois de manière à faire des glissières avec une encoche qui vient se bloquer sur une autre pièce de bois en fin de course. J'ai ainsi un limiteur d'ouverture et un dispositif anti basculement. Je peux donc ouvrir mon coffre sans risque même si un vase ou quelques objets sont sur le plateau.



Etape n°8 : Finitions et poussières

La table basse commence sérieusement à prendre forme !

J'ai poncé l'ensemble du meuble à l'aide d'une ponceuse orbitale équipée d'un disque grain 180. Cela m'a permis de corriger quelques désaffleurements du bois au niveau de certains assemblages et de fignoler la surface des tourillons débouchants. J'en profite pour passer également un petit coup de rabot et de ponceuse sur les arrêtes du plateau du dessus, pour adoucir les angles.

Après un bon nettoyage de la pièce et du meuble à l'aspirateur, je passe à l'application de l'huile.

Pour travailler sans risque j'ai pris soin de placer une toile cirée sous le meuble, puis j'ai imprégné le bois d'huile à l'aide d'un chiffon en coton (et d'un pinceau pour les angles), toujours dans le sens des fibres de bois. Au total, 3 couches seront réalisées sur le plateau du dessus (plus sollicité) et 2 couches sur le reste du meuble.

Détail : L'huile fait ressortir toutes les nuances du bois, mais on constate aussi une imprégnation différente mais légère du bois là où la colle a été absorbée.

Voici la table basse terminée !

Etape n°9 : Loi de lavoisier

Et n'oublions pas le célèbre " rien ne se perd, rien ne se créé tout se transforme ". Les chutes de bois, quelques rebuts de lino, de parquet et de plexiglass ont permis de bricoler une petite cage duplex pour le lapin. De quoi se faire pardonner par Madame pour le bruit et la poussière !


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