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Une table style Louis XV

par Michel, et Daniel Cloteau (76360 Barentin)

Bien qu'il se soit déjà investi dans la réalisation de quelques ouvrages (de moindre grande ampleur il est vrai, mais néanmoins de toute aussi belle facture : un échiquier, quelques maquettes de bateaux en bois, etc.), et bien qu'il soit issu d'une famille comprenant plusieurs menuisiers ou ébénistes, Daniel Cloteau n'avait pas encore eu l'occasion d'utiliser de "grosses" machines à bois. Mais il s'y est mis puisqu'il a pris le relais de la réalisation de son cousin Michel, pour achever avec succès cette remarquable table de style Louis XV.

En août 2010, après avoir réfléchi quelques mois, j'ai promis sur son lit d'hôpital à mon cousin, ébéniste, de finir une table qu'il avait commencée en 2008. Il fallait que je profite des visites qu'il me restait pour prendre le maximum de conseils sans le fatiguer.

J'avais pour travailler, un tirage sur imprimante d'une ancienne photographie...

...le piétement de table en acajou plus ou moins avancé...

...ainsi qu'un beau jeu de gouges bien affutées et quelques conseils sur une feuille.



J'étais ainsi à la tête de 4 bandeaux pratiquement terminés, 5 pieds (1 presque terminé, 2 bien avancés, 1 dont seule la tête était ébauchée et 1 totalement brut de sciage en secours en cas de gros problème), 1 planche brute de sciage de 2,10 m par 0,23 m pour réaliser une table de diamètre 0,90 m. Toutes les pièces étaient numérotées et, à voir la photo ci-dessus, d'assemblage parfait.

Dans un premier temps, je décide de me faire la main sur le pied n°5. Après une quarantaine d'heures de maniement des gouges (je n'ai jamais utilisé de maillet de peur d'enlever un copeau trop gros), j'ai présenté le résultat à mon cousin. Bien sûr ce n'était pas parfait, il me donna de nouveaux conseils... Ce furent ses derniers mots... septembre 2010.

Je m'attaque donc au pied n°4.

Après des dizaines d'heures, j'arrive à ce résultat. Utilisation de gouges, de différents racloirs, rifloirs, abrasifs, paille de fer. Après assemblage du piétement à blanc, je m'aperçois d'un gros problème : le diamètre de la table n'est pas de 0,90 m mais de 1,10m... Gros moment de doute, le plateau n'est pas suffisant, il faut que je trouve un autre plateau... Je suis en Normandie, l'atelier est en région parisienne à 2h15 de route...



Au mois de décembre, je décide de prendre une journée de congé et d'aller sur place avec ma remorque. Ce jour tomba le mercredi où la région parisienne fut bloquée par la neige...

J'ai ramené tous les bouts de bois rouges. J'ai trouvé un bois ressemblant beaucoup en aspect à celui que j'avais malgré des veines blanchâtres, mais je n'avais pas le choix...

J'ai étudié sur PC pendant pas mal d'heures pour arriver à trouver les dimensions et les formes des coupes à faire sur les plateaux...Il faut aussi prévoir les encoches pour l'assemblage des "arêtes" transversales avec "l'arête" longitudinale. Elles sont réalisées à la scie puis finies à la râpe à bois.

Après report du dessin sur les plateaux, j'arrive à la découpe à la scie sauteuse (une Scintilla d'époque mais d'un superbe fonctionnement). Remarquez les formes des découpes déjà en courbes. J'ai 1,14 m de plateaux de bois non raboté pour un plateau de 1,10 m.
Bien sûr, je n'ai pas de raboteuse-dégauchisseuse. J'ai bricolé cette table avec une varlope électrique enchâssée dans un plateau de mélaminé blanc, tenue par des serre-joints. Le résultat est tout à fait satisfaisant, un problème de glisse quand même m'obligé de mettre pas mal de paraffine. Attention aux doigts, à ne pas mettre entre toutes les mains...



Mon cousin m'avait parlé de coller les morceaux de plateau en réalisant un bouvetage en dent de scies. Pour réaliser cela, il faut pas mal d'investissement, le mieux étant la toupie, il n'en était pas question.

J'ai donc fait des essais avec une Lamello (récupérée chez le cousin) sur des bouts de bois.

J'ai décidé de faire 2 rangées de lamelles espacées de 15 cm. Le résultat est impressionnant de facilité, de rapidité et de qualité.

Attention pour le serrage, il faut maintenir le plateau en épaisseur pour éviter son arrondissement.
Et voici le plateau après un premier ponçage.
Encollage du piètement.
Puis serrage avec un système à corde maison. Suivant le conseil du cousin, bien serrer chaque haut de pieds sur le bandeau.
Fabrication du gabarit pour les découpes ornementales du plateau, le dessin a été fait sur PC puis transféré par imprimante sur une feuille A4 autocollante.

Découpe à la scie sauteuse puis râpe, puis abrasif de plus en plus fin...

...puis couches de peinture pour qu'il soit le plus lisse possible.



Clouage à la pointe tête d'homme du gabarit puis défonçage des 4 découpes ornementales à la fraise à copier.

Pour réaliser les contours arrondis de la table (c'est à dire les contours situés entre ses quatre découpes ornementales), il faut utiliser la défonceuse en mode "compas". J'ai donc modifié le guide de la défonceuse en remplaçant les tringles de 300 mm par des longueurs de 1000 mm en aluminium.

Par contre il est impossible de maintenir à la fois l'axe de rotation de ce "compas" d'une main et la défonceuse de l'autre main. L'ensemble est trop grand, on se retrouve allongé sur la table et le recul de la défonceuse est bien trop dangereux. J'ai donc réalisé cette opération sur l'envers du plateau, ce qui m'a permis de réaliser une fixation au centre de la table (sur l'envers donc).

Voici donc le plateau obtenu.

Pour la réalisation de la moulure du bord de table, utilisation de 2 fraises à roulement : quart-de-rond sur le dessous et doucine sur le dessus. Remarquez la cale de même épaisseur que le plateau fixée sur la défonceuse pour être au plus prêt de la verticale de la fraise.
Voici la moulure obtenue.

Quelques heures de ponçage du plateau avec une ponceuse orbitale et des grains de plus en plus fins. La partie travail du bois est pratiquement terminée, il reste la mise en couleur et les finitions.

Mise en couleur : après des tests sous la table et des conseils d'ébénistes que je remercie par la même, je décide de laisser les pieds en couleur naturelle. Par contre le plateau étant plus clair, une couche de couleur acajou à l'alcool diluée à 30%...

...puis brou de noix à l'eau dilué à 25% (c'est bizarre de mettre un produit à l'eau après un produit à l'alcool mais cela marche).

Fondur cellulosique : 3 couches sur le plateau, 2 sur les pieds (paille de fer 000 entre chaque couche).
Vernis Polyuréthane mono composant satiné : 2 couches sur les pieds, 3 sur le plateau. Réalisation d'une chambre avec des films plastique pour la température (chauffage électrique) et protection contre la poussière.

Pour les couches 2 et 3, paille de fer 000 entre les couches : aspiration, essuyage avec du velours, dégraissage à l'alcool. Le vernis a été passé avec un pinceau large (spalter de 100mm). Masque à gaz obligatoire dans une pièce aussi confinée.

Voilà le résultat.

Signature au dos du plateau en hommage à Michel, et en dessous la mienne. Je pense qu'il aurait apprécié mon humble participation...


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