Rénovation d'une cuisine à partir de palettes

par Patrice Freville (95280 Jouy-Le-Moutier)

Réaliser une cuisine à partir du bois de palettes, il fallait oser ! Patrice Freville l'a fait, et de plus avec très peu de matériels. Et le résultat s'avère surprenant et concluant ! Il nous présente son projet, la partie concernant la fabrication des portes de placards.

Désirant rénover le mobilier de ma cuisine qui datait un peu, et vu le prix des produits proposés par les cuisinistes, j'ai décidé de remonter mes manches et de faire une réalisation unique et personnelle.

Afin de lui donner l'aspect ancien recherché, mon choix a été de prendre comme matière première des palettes de transport usagées : abondantes, faciles à trouver et de faible coût voire gratuites, cela compose un budget bois plutôt raisonnable ! Les palettes les plus anciennes peuvent s'avérer les plus intéressantes car le bois est parfaitement sec et leur aspect vieilli peut être un plus.

 

Attention donc si vous prenez des palettes trop "jeunes" car les planches obtenues ont toutes les chances de se déformer dans le temps. Ce fut le cas pour celles utilisées pour la hotte qui provenaient d'une palette plus récente et dont les lames ont légèrement rétréci. Heureusement, l'aspect rustique recherché s'accommode de cette évolution.

 

Le premier travail est de démonter soigneusement les palettes pour obtenir un tas de planches plus ou moins droites et d'épaisseurs variables et surtout sans clou ou caillou incrusté pour préserver les fraises qui servent à leur mise en forme. À ce stade, l'inspection doit être minutieuse car les cailloux incrustés sont souvent très petits. Cette étape peut donc s'avérer un peu longue.

 

Comment récupérer les lames de bois ?
Pour éviter l'éclatement des lames lors de leur arrachage, la seule solution consiste à scier les clous un par un ! Une méthode éprouvée : glisser entre les madriers et les lames un burin large d'environ 7 cm. Une pression sur celui-ci, à la main ou au marteau suivant la tenue de l'assemblage, permet de libérer un espace pour glisser une lame de scie à métaux montée sur l'un de ces supports spéciaux qui laisse libre l'une des extrémités. Il ne reste ensuite plus qu'à chasser les fragments de clous.

 

Trier judicieusement les lames !
Les lames des parties basses des palettes (celles en contact avec le sol et dont les bords sont arrondis ou biseautés pour faciliter l'accès aux transpalettes) sont utilisées pour les cadres de portes : ce qui pourrait passer pour un défaut est justement l'aspect recherché ici pour les chants des cadres ! Les autres lames, celles du dessus des palettes en contact avec les colis, sont regroupées suivant leurs épaisseurs en vue de former les futurs panneaux.

 

Nettoyer les lames...
L'étape suivant consiste à dégrossir au rabot manuel (n'ayant pas d'équipement électrique) leur planéité. Puis une ponceuse à bande est utilisée pour parfaire cette planéité, l'uniformité et l'état de surface (une raboteuse stationnaire aurait été plus aisée et surtout plus rapide mais son prix n’entrait pas dans le budget visé).

 

...puis les débiter.
Le débit des planches obtenues (délignage, coupes de longueur) s'est lui aussi opéré avec seulement de l'outillage portatif ! (pour cette opération, l'usage d'une scie à ruban est probablement plus rapide mais je n'en dispose pas). Les ensembles de 4 pièces nécessaires à la réalisation des cadres des 13 portes et 4 tiroirs sont désormais prêts.

 

La réalisation des cadres...
C'est une mini-toupie équipée d’un jeu de fraises qui a pris le relais pour usiner l'assemblage des cadres (montants et traverses) en profil et contre-profil ainsi que la rainure pour l'insertion des panneaux. Bien que d'entrée de gamme, ce matériel s'est révélé suffisant pour ce travail.

...puis des panneaux.
Une fois les cadres préparés (mais non assemblés), j'ai entamé la réalisation des panneaux. Ceux-ci n'auront pas tous la même épaisseur car il est difficile de trouver suffisamment de lames identiques. Il a donc fallu constituer des lots de lames portes par portes en pensant aussi à harmoniser les dessins des veines et noeuds.

 

Le panneautage (assemblage des lames composant un panneau) est effectué par rainures et languettes : donc nouvelle séquence avec la mini-toupie, cette fois équipée de disques à rainer. Les panneaux sont ensuite encollés et mis sous presse. Puis retour avec la ponceuse à bande pour uniformiser chaque panneau.

Puis mise aux dimensions des panneaux. Pour plus de précision, il peut être judicieux d'associer dès maintenant 1 panneau à 1 cadre. Scie sauteuse pour dégrossir les cotes puis dressage final à la défonceuse équipée d'une fraise droite et guidée sur une règle afin d'obtenir des bords bien rectilignes et parallèles (cette étape peut être évitée si l'on dispose d'une scie circulaire qui permet directement des coupes bien droites).

 

Il ne reste plus qu'à réduire l'épaisseur des bords de chaque panneau (feuillurer leur pourtour) pour permettre leur assemblage (avec un peu de jeu, environ 0,5 mm) dans les rainures des cadres. Donc retour une nouvelle fois sur la mini-toupie, encore équipée d'un disque à rainer.

 

Finition et peinture des panneaux
Il est important de peindre les panneaux intégralement avant montage des cadres complets, en particulier leurs bordures car l'usage veut que les panneaux soient libres de "bouger" dans les cadres pour compenser les variations de dimensions en fonction des conditions climatiques (en effet, si par exemple vous assemblez les portes avant peinture et que vous peignez l'ensemble en été, il y a fort à parier de voir apparaître en hiver les bordures de panneau en bois brut, lorsque celui-ci rétrécira).

 

Puis on fait les essais d'assemblage des portes complètes (des montages à blanc, c'est à dire sans colle).

La finition souhaitée étant rustique, une première couche de bleu intense a été passée sur l'ensemble des pièces, panneaux et cadres ; ces derniers étant encore en quatre pièces séparées lorsque cette opération a été réalisée.

 

C'est maintenant que l'assemblage final des portes (montage des panneaux dans les cadres) a été réalisé. Voilà, nous sommes proches du but. Pour ma part, j'ai ajouté une dernière touche d'ancien en plaçant à chaque angle des vieux clous à tête carrée achetés sur une brocante.

 

Une fois la première couche totalement sèche, la seconde a été passée mais pas intégralement et de manière un peu aléatoire pour créer une sorte d'effet cérusé.

Dernière étape : la fixation des charnières et le montage des portes sur les caissons.

 

Il ne vous reste plus qu'à préparer de bons petits plats pour régaler vos amis qui viendront admirer votre oeuvre !


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