Une étagère en escalier

par Nicolas Rombauts (75014 Paris)

Comment remplacer une armoire en agglo aussi incommode que disgracieuse par une étagère en escalier ? En suivant le reportage de Nicolas Rombauts étape par étape.
Idéal pour optimiser l'espace sous une sous-pente ou un escalier, cette étagère est aussi astucieuse que pratique !
Un projet réalisé avec les moyens du bord et un bel exemple de récupération de matériaux !

Voici une réalisation datant d'il y a deux ans, qui tient plus de l'agencement que du travail du bois.
Je venais d'emménager et n'avais quasiment aucun meuble. Des amis m'ont alors donné une armoire en agglo aussi incommode que disgracieuse.
J'avais alors bien envie d'un projet de bricolage réalisable dans mon studio, à peu de frais, sans transport de matériaux et réalisable avec les moyens du bord ; soit une scie égoïne, une perceuse et quelques serre-joints. Je projetais donc de transformer cette armoire en une étagère qui me conviendrait mieux.

L'armoire initiale (dont il ne reste heureusement même pas une photo :) avait pour dimensions : hauteur 2m10, largeur 1m70 et profondeur 58 cm. Elle comportait des étagères réglables type Ikéa, deux portes montées sur des charnières invisibles et une zone de penderie. L'ensemble du meuble était en panneaux d'aggloméré mélaminé blanc assez endommagés.

La nouvelle étagère devait être suffisamment étroite pour ne pas gêner l'ouverture de la fenêtre. De plus, j'ai prévu un surplomb afin de ménager un espace libre à coté du gros convecteur électrique. Étant en location, elle devait être démontable. J'ai choisi une forme en escalier, avec le socle et le contour de l'escalier plus épais que les cloisons internes. L'étagère sera composée principalement de modules cubiques identiques et de deux modules pour des étagères réglables en bas.

J'ai tracé les plans à l'aide du logiciel de dessin technique en deux dimensions Qcad, gratuit et disponible sous Linux.
Comme j'ai choisi de faire surplomber une partie de l'étagère, j'avais prévu un soutient oblique qui ne sera finallement pas nécessaire tant que les étages supérieurs ne sont pas trop chargés.
Le montage est organisé afin que la majorité des éléments de fixation soient cachés à terme. La nouvelle étagère est deux fois moins profonde que la précédente ; j'ai donc obtenu la profondeur finale en recoupant simplement en deux les panneaux d'origine.

J'ai ensuite effectué un plan de débit précis afin de bien préparer la découpe. Mon objectif était d'avoir le moins de perte possible et de vérifier que je disposerai de suffisamment de panneaux. Il fallait également que les panneaux horizontaux soient d'une seule pièce afin d'obtenir une bonne tenue de l'ensemble. J'ai finallement dû racheter un seul panneau de pin, heureusement de la même épaisseur que l'aggloméré.

La découpe intégrale des panneaux a été grandement facilitée par les plans.
Ne disposant pas d'autre outil, toute la découpe fut faite à la main, à la scie égoïne !

Ma table à manger me servit d'établi. J'ai pris soin de choisir ma découpe afin de pouvoir réutiliser les séries de perçage pour la mise en place des étagères réglables. Un seul coté sur les quatre ne disposait pas de cet alignement de perçages, j'ai donc percé seulement les quelques trous manquants. Les autres perçages inutiles ont été bouchés avec du plâtre avant montage.

J'avais omis dans mes plans la découpe pour la plinthe. Rien de grave pour les montants qui furent rectifiés en deux coups de scie.
C'était par contre une autre paire de manche pour le socle qui devait perdre un centimètre sur toute sa longueur, le tout à la main ! J'ai résolu le problème en décidant que le socle serait en ravencement d'un centimètre par rapport au reste du meuble.

Pour l'assemblage, j'ai utilisé de la colle blanche, des tourillons de Ø10 x 40 mm, des vis acier bichromatées 4,5 x 50 / 30 mm à empreinte Torx 25 et une fraise à chanfreiner.
J'ai d'abord procédé au collage des montants de l'armoire, qui sont constitués de trois planches identiques collées.

Les "marches de l'escalier" sont aussi constituées de trois panneaux, mais seulement liés par des chevilles afin de pouvoir être démontés. Je commence par assembler les deux panneaux inférieurs à l'aide de cales et de serre joints. Puis je réalise les quatre perçages en faisant attention à être bien vertical et en étant attentif à la profondeur.

J'assemble ensuite le panneau du milieu aux perçages traversants avec le panneau supérieur. J'utilise le premier panneau comme gabarit pour le perçage du dernier. Ainsi, lors de l'assemblage, les trois panneaux s'assemblent solidement à l'aide de chevilles qui restent invisibles. Le démontage reste facile à l'aide d'une lame glissée entre les panneaux.

J'utilise pour le perçage et le vissage un gabarit qui maintient mes panneaux d'équerre. Ce gabarit est une simple chute triangulaire sciée à angle droit avec deux encoches qui facilitent la pose des serre-joints. A noter : on peut rendre ce gabarit plus pratique en ajoutant des cales afin d'élargir les cotés reposant sur les panneaux, ce qui facilite le serrage en position.

Le montage se fait étage par étage. A chaque fois, les panneaux horizontaux sont d'abord assemblés à angle droit avec les montants destinés à venir au dessus, à l'aide du gabarit et les deux sont percés de concert.
Le panneau horizontal est ensuite vissé sur les montants inférieurs, après perçage d'un avant-trou. Les montants supérieurs n'ont ensuite plus qu'à être emboités sur le panneau horizontal avec les tourillons, laissant vis et tourillons invisibles.
J'ai réutilisé le fond d'origine pour le fond d'un des grands compartiments du bas (le reste du meuble n'a pas de fond) : ceci, associé aux montants larges de "l'escalier", rigidifie bien l'étagère qui n'a pas besoin d'autre contreventement.

Les deux derniers étages sont d'abord assemblés au sol puis montés sur le meuble. L'ensemble est évidemment très lourd mais les différents étages étant indépendants, j'ai pu tout monter avec des chaises pour seul échafaudage.

Je n'ai eu plus qu'à recouper les portes à la bonne dimension afin de réutiliser les trous des charnières invisibles.

Une fois le meuble monté, j'ai rapidement poncé les assemblages afin d'éliminer quelques traces de scie.

J'ai ensuite enduit le meuble à l'enduit de finition afin de masquer les interstices entre les panneaux et les champs en agglo.
La peinture a nécessité, sur les conseils d'un vendeur, l'emploi d'une sous-couche spéciale pour les matériaux non adhérents tels que le mélaminé. Cette sous-couche contenait, contrairement à tous mes principes, un chimique et malodorant cocktail. Il aurait sans doute été possible de procéder autrement... ce qui n'aurait pas été un mal !

J'ai fini par une couche de peinture à l'eau, en trois couleurs différentes. L'application de peinture à l'eau sur la sous-couche au solvant ne fut pas évidente. Cela donne un aspect irrégulier qui peut être recherché. Le choix des coloris et leur disposition prête à discussion mais il s’avérera finalement plutôt judicieux pour l'emplacement définitif. Chacun jugera. Au final, je ne suis pas très satisfait de tous les produits employés pour couvrir l'étagère, mais au moins, on a pu s'affranchir de l'aspect du mélaminé.

J'avais protégé les trous servant aux taquets supports des étagères amovibles avec du ruban adhésif, de peur de les boucher avec la peinture. Le résultat est une bande blanche pas très esthétique. Les poignées de porte sont faites avec un boulon et deux écrous chacune : on reste dans la récupération !

Souhaitant déménager, je me suis avisé que ce meuble serait plutôt compliqué à adapter à un autre endroit que celui pour lequel il avait été conçu.

Finalement, les amis qui m'avaient donné l'armoire initiale appréciant la modification de leur présent, je leur ai restitué pour la chambre en sous-pente de leur fils, dans laquelle elle se fond parfaitement !


Ce contenu requiert Macromedia Flash Player version 8 ou supérieur.Get flash player

HM diffusion
0  article(s) pour un total TTC de : 0,00 €
Panier

Paiement sécurisé