La céruse, une finition toujours à la mode


A l'origine, la céruse était très toxique car elle était fabriquée à partir de carbonate de plomb.
Ce type de produit a fort heureusement été retiré du marché pour laisser place à des produits sans danger et d'utilisation facile.
Le cérusage reste donc à la mode en décoration même si sa technique a évoluée. On utilise désormais d'avantage de céruses teintées sur les bois naturels et au contraire des céruses blanches sur les bois teintés.
 
 

Des essences à pores larges, des possibilités infinies

 
La céruse est une pâte blanche qui vient remplir les pores du bois, mettant ainsi en relief sa structure et sa texture. On préférera donc des essences à pores larges comme le chêne ou le châtaigner. Le bois peut être clair ou foncé comme le méranti ou le kosipo. Des essences homogènes comme le hêtre ou le pin ne donneront pas de résultats intéressants puisque la céruse ne pourra pas s'accrocher dans les pores.

La technique de la céruse permet d'imaginer des variantes à l'infini, en laissant libre cours à l'imagination de chacun. Une fois la technique acquise, les gestes seront les mêmes.

A noter : la technique du cérusage utilisée d'une manière classique, bois naturel et céruse blanche, modifie d'avantage l'aspect du bois plutôt que son coloris.
 

Trois exemples d'application différents

 
 
On propose ici de réaliser une finition cérusée traditionnelle sur une porte de cuisine en chêne :
le bois restera naturel et on appliquera une céruse blanche.
La finition obtenue sera discrète et plutôt destinée à mettre en valeur la structure du bois.
     
Pour exemple, on traitera également en parallèle deux échantillons de façon différente :
- un échantillon de frêne avec une céruse colorée jaune.
- un échantillon de châtaigner avec une céruse colorée bleu.
 

Le défibrage

 
 


La préparation, sur bois propre, consiste à accentuer le relief du bois en ouvrant les pores pour laisser entrer la céruse.
On "défibre" le bois en creusant la partie tendre du cerne annuel d'accroissement du bois. Selon l'effet recherché, les pores seront creusés plus ou moins profondément afin qu'ils absorbent plus ou moins de céruse.
     


Pour le défibrage, il convient d'utiliser des brosses en acier laitonné ni trop dures ni trop souples :
- Une brosse à poils longs, plus souple, aura un effet léger, idéal pour les bois tendre ou à pores larges (châtaigner par exemple).
- Inversement, une brosse à poils courts sera plus agressive et donc mieux appropriée sur les bois plus durs comme le chêne et le frêne (échantillons ci-contre).


 


On utilisera plus facilement les brosses manuelles (petites ou grandes) pour le traitement des petites surfaces ou des moulures.




     


Le rendement sera plus important avec une brosse "mécanisable" montée sur perceuse et utilisée à vitesse rapide (jusqu'à 1500 tr/min maxi.).




     



On peut commencer par brosser les moulures et les coins avec une brosse manuelle, en veillant à travailler dans le sens des fibres afin de ne pas rayer le bois...




     




... et ensuite passer à la brosse mécanique pour défibrer les grandes surfaces.




     


Une fois les pores du bois convenablement creusés, la porte n'a plus qu'à être soigneusement dépoussiérée avant l'application de la céruse.
 

La compatibilité des produits

 
Pour mettre en oeuvre cette finition, nous allons employer du vernis, de la teinte et de la céruse. Il est donc nécessaire de commencer par veiller à la bonne compatibilité des produits entre eux.

- Le vernis
La céruse que nous avons choisie est un produit à base de solvant. Elle pourra donc être recouverte soit d'un vernis à base de solvant soit d'un vernis cellulosique.

- La teinte
Pour modifier le coloris de la céruse, on pourra y mélanger des teintes solvantées en ne dépassant pas une limite de 30%.
 

Application de la céruse

 
 



On applique généreusement la céruse sur la surface à traiter au coton à mécher. Il faut veiller à bien faire pénétrer le produit dans les pores du bois en essuyant, par exemple, en "huit".



     




Laisser sécher une à deux heures avant de pouvoir procéder au ponçage.




     

Ponçage

 
 

A l'aide d'un tampon de laine d'acier, il faut éliminer soigneusement la céruse en excès. Ce ponçage se fera également en "huit", en évitant d'insister et sans travailler dans le sens des fibres du bois (ce qui aurait pour effet d'enlever la céruse).
On finira le ponçage avec une ponceuse mécanique et un papier de grain fin (G150 à 180).

     


Selon l'effet recherché et la structure du bois, on pourra repasser une deuxième couche de céruse pour en intensifier l'effet.
Voici les résultats obtenus sur notre porte de cuisine et sur les échantillons d'essais de céruse colorée.


     

Finition

 
L'ultime étape va consister à appliquer un vernis pour "bloquer" la céruse et obtenir une jolie finition (appliquer deux à trois couches de vernis en égrenant entre chaque passe).
 

Il sera préférable de passer les couches finales de vernis à la bombe ou au pistolet. En effet, l'action mécanique d'un pinceau combinée avec l'action du solvant du vernis pourrait dissoudre la céruse déjà posée et la mélanger superficiellement au vernis (ce qui aurait pour effet de brouiller légèrement le vernis).
     


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